Benoît Biteau, paysan agronome

Benoît Biteau, paysan agronome

Dossier de presse et médias, vidéos


France TV info : @BITEAU JADOT, BOVÉ ET MÉLENCHON AVEC LE COLLECTIF "BASSINES NON MERCI !" POUR "L'ULTIME BATAILLE" À EPANNES, PRÈS DE NIORT

Les paysans défendent le pays !
Avec la Confédération Paysanne, la FNAB !

Benoît Biteau
6 min

WATERSTOCK 7 - c'est demain à Epannes ! avec Yannick JadotJosé BovéConfédération PaysanneLoïc Prud'homme et Jean-Luc Mélenchon

Le combat contre la privatisation et la confiscation de la ressource en eau dans notre région n'est pas nouveau, et grâce à la mobilisation de toutes et tous, aucun projet de bassines n'a aujourd'hui vu la lumière du jour en ex-Poitou-Charentes.

Pour ma part, j’œuvre depuis de nombreuses années contre ces projets dans les mandats qui m’ont été confiés. Lorsque j’étais vice-président de la Région Poitou-Charentes, j’ai rédigé et fait voter un règlement d’intervention en Octobre 2011, ainsi que le Plan de Développement Rural Régional fin 2014. Ces cadres règlementaires sont toujours en vigueur aujourd’hui en Nouvelle-Aquitaine ; sans eux, le plan de financement de ces bassines serait terminé depuis longtemps.

Fraichement élu député européen, je suis intervenu en Août 2019 auprès de la Commission européenne pour démontrer la non-conformité de ces bassines avec la directive cadre sur l'eau. Cela a permis d’invalider le financement de l'Union européenne ; autrement, la Région aurait déjà engagé des fonds européens sur ces projets.

De même, au Comité de bassin de l’agence de l’eau Loire-Bretagne, j’ai à de nombreuses reprises démontrer les incohérences et les dangers de ces projets ; sans quoi, les fonds publics d’Etat auraient déjà été versés aux irrigants.

Ces trois points de blocage ont significativement empêché la réalisation de ces équipements jusque-là. Mais qu’en sera-t-il demain ?

La pression est forte, tant politique qu'écologique. L'agence de l'eau, institution publique financée par le contribuable, finance à hauteur de 70% ces dispositifs. De surcroit, la Région Nouvelle Aquitaine voudrait participer à hauteur de 15 millions d'euros. Rappelons tout de même que ces bassines bénéficieraient à une minorité d'agriculteurs (moins de 10% d’entre eux). Valider ces projets, c'est accepter de financer avec de l'argent public des équipements d'intérêt privé.

La pression est également écologique. Ces projets de bassines sont la solution trouvée par l'Etat français pour pallier les sécheresses : "Pompons l'eau des nappes en hiver, stockons-la en surface, pour arroser en été des cultures de maïs". Cette logique simpliste et démagogue voudrait nous faire accepter l'inacceptable.

Elle évite aussi de se poser les bonnes questions : avons-nous besoin de produire du maïs destiné à nourrir des élevages concentrationnaires ? Notre territoire est-il adapté à des cultures gourmandes en eau en été ? Quel impact ces bassines ont-elles sur les milieux aquatiques ? Quels seront les impacts sur le cycle de l'eau à terme ?

Il y a quelques mois, j'ai écrit un courrier au Préfet des Deux-Sèvres pour lui proposer que les projets de bassines soient soumis à un avis conforme du Parc Naturel Marin. Cela permettrait d'intégrer ces projets des bassines dans une approche territoriale globale. Ce courrier est resté lettre morte.

Dimanche, nous serons nombreux∙ses à protester contre cette gestion insoutenable de la ressource en eau, qui est pourtant notre patrimoine commun.

Rendez-vous à Epannes à 12h pour pic-niquer ensemble. Puis à 14h pour manifester. NO BASSARAN !

Site de Bassines non merci : https://bassinesnonmerci.fr/

Evénement Facebook : https://www.facebook.com/events/941509763021529

 

 

article : https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/jadot-bove-melenchon-collectif-bassines-non-merci-ultime-bataille-epannes-pres-niort-1882668.html?fbclid=IwAR3SEvnnt0e38Q_6diF01HGkdWxmdeADmfudBfnB2oPJsCZFn5ttEckwFS0

 

 

Jadot, Bové et Mélenchon avec ​​​le collectif "Bassines non merci !" pour "l'ultime bataille" à Epannes, près de Niort

Le collectif « Bassines non merci ! » organise un nouveau rassemblement dimanche 11 octobre, à Epannes. Yannick Jadot (EELV), Jean-Luc Mélenchon (LFI) et José Bové seront présents aux côtés des opposants au projet de 16 réserves de substitution sur le bassin de la Sèvre Niortaise.


 

Les opposants aux "bassines" dénoncent le financement de retenues de substitution par la région Nouvelle-Aquitaine lors d'une manifestation à Poitiers, le 11 juillet 2020.
Les opposants aux "bassines" dénoncent le financement de retenues de substitution par la région Nouvelle-Aquitaine lors d'une manifestation à Poitiers, le 11 juillet 2020. • © Anne-Marie Baillargé - France Télévisions
Benoît Biteau, député européen écologiste et agriculteur en Charente-Maritime, compte parmi les opposants historiques à la réalisation de ces retenues d'eau de substitution. Ces réserves, hors-sol et plastifiées, servent à stocker l'eau en hiver en prélevant la ressource dans les rivières ou les nappes quand il a plu, pour être utilisée en été. Pour leurs détracteurs, ces "bassines" contribuent à assécher les nappes profondes et détournent les ressources en eau au profit d'une minorité d'agriculteurs perpétuant des pratiques productivistes et dangereuses pour l'environnement, encore plus dans un milieu fragile et protégé comme celui du Marais Poitevin.

Depuis plusieurs années, les manifestations se multiplient contre le projet de création de dix-neuf puis seize bassines dans le bassin de la Sèvre Niortaise et du Mignon. Elles sont prévues essentiellement en Deux-Sèvres et Charente-Maritime et quelques-unes dans la Vienne. Un protocole entre agriculteurs, écologistes et acteurs publics, a été signé en décembre 2018 pour délimiter les contours de ce projet mais, sur le terrain, il est contesté par le collectif "Bassines non merci !".

A la veille de la nouvelle manifestation prévue dimanche matin 11 octobre à Epannes, près de Niort, nous nous sommes entretenus avec le député européen écologiste et ancien élu régional, Benoît Biteau qui appelle les pouvoirs publics à entendre la voix "citoyenne et sociétale" des opposants à ces projets, défendus par les Irrigants de France et la FNSEA, avant que d'éventuelles tensions ne puissent se produire. Il parle de schizophrénie de la part des pouvoirs publics qui financent des projets concurrents autour de la préservation du milieu naturel dans le Marais Poitevin et estime que le projet ne respecte pas les lois européennes et françaises sur l'eau. 

Benoît Biteau, pour vous s'agit-il vraiment ce dimanche de "l'ultime bataille"? 

"Je ne sais pas si ce sera l'ultime, malheureusement en tout cas sur le dossier Marais Poitevin, c'est peut-être la dernière chance de mettre la pression pour sortir de ce projet de manière diplomatique. Je pense que si le message de la non-acceptation sociétale et citoyenne n'est pas clairement entendu par ceux qui pilotent ce projet avec la manifestation de dimanche, on risque effectivement d'arriver sur des pressions qui seront moins diplomatiques et ce serait vraiment dommage d'en arriver là. On a vu ce qui s'est passé à Sivens et à Notre-Dame-des-Landes, la détermination citoyenne est extrêmement forte dans le Marais Poitevin. C'est la dernière solution diplomatique qui est proposée ce dimanche, je ne suis pas en train de brandir des menaces, c'est parce que je sens la température et la façon dont les choses sont en train de monter sur le terrain et ni moi, ni personne ne pourront empêcher ce genre d'initiatives comme à Sivens ou Notre-Dame-des-Landes. Quand on arrive à ces extrémités, il y a un échec de la démocratie...

C'est un territoire emblématique, c'est la deuxième zone humide de France, c'est un parc naturel régional. Il y a des classements officiels au titre de l'environnement et du patrimoine et on va installer des équipements qui dénaturent le paysage et l'espace et qui impactent la ressource vitale d'une zone humide et tout ça au profit d'une agriculture qui télescope ces logiques, qui est gourmande en pesticides, en engrais de synthèse et en irrigation.
C'est de la schizophrénie, on fait ça avec de l'argent public alors qu'en même temps on a des politiques publiques pour préserver cette zone."

Il y a pourtant eu un protocole qui a été signé et a a entraîné la baisse du nombre de bassines ? 

"Ce protocole ne peut pas être considéré comme un projet de territoire, on ne construit pas un protocole en s'adressant qu'à 10% des agriculteurs qui sont les irrigants historiques. Je ne vois pas comment on peut appeler ça un projet de territoire. Les ambitions de ce protocole visent à mettre en avant comme démarche de progrès le strict minimum réglementaire pour toucher les aides de la PAC. Comment peut-on considérer cela comme une démarche de progrès, c'est hallucinant. Il n'est même pas en conformité avec la directive cadre sur l'eau et avec la loi sur l'eau des milieux aquatiques en France qui est la déclinaison de la directive cadre européenne sur l'eau. Elle indique les priorités sur l'eau, la première c'est l'eau potable en qualité et quantité suffisante et la deuxième, c'est le bon état des zones humides et milieux aquatiques. On est en train de financer avec de l'argent public des équipements qui vont la télzscoper... Avec les recours qui sont déposés, il n'y a aucun espoir que ces projets puissent avoir la  validation juridique des tribunaux. On n'est pas sur une position dogmatique contre l'irrigation et le stockage, je demande juste le respect de la loi sur l'eau."

Quelle peut être l'alternative aux bassines, le changement de modèle agricole ?

"Oui, sur l'ensemble du Poitou-Charentes, il y a 200 projets de retenues de substitution dans les cartons, ce qui représente en argent public potentiel entre 350 et 400 millions d'euros pour accompagner ces projets. Je vous laisse imaginer, si on mettait ces 350 à 400 millions d'euros pour accompagner la transition agro-écologique, les miracles que l'on pourrait faire. Alors que l'on continue à utiliser cet argent public colossal pour un pan seulement de l'agriculture qui ne représente que 10% des agriculteurs, les irrigants historiques. Ça pose la question de savoir si on oriente bien l'argent public en soutenant l'agriculture basée sur des pratiques d'un autre temps. Peux-t-on s'autoriser à donner des millions d'euros à 10% des agriculteurs pendant que les éleveurs sont en train de crever la dalle à côté ?"

Vous avez espoir que cette "pression pacifique" de dimanche puisse porter ses fruits ?

"Je suis optimiste sinon je n'aurais pas demandé à mon copain José Bové et à mon ami Yannick Jadot de venir dimanche. Yannick Jadot vient pour la troisième fois, c'est un fidèle, il a toujours été à nos côtés sur ce sujet, c'est un historique du combat contre les bassines. Le fait que ces gens-là viennent, ça peut mettre la pression sur les décideurs publics. D'ailleurs l'Agence de l'Eau réunit son conseil d'administration ce lundi et l'un des sujets débattus ce sera le financement des seize retenues de substitution dans le Marais Poitevin. La vraie clé du problème c'est l'Etat qui l'a. Il y a trois gros financeurs, la Région en fait partie, mais la clé, elle est surtout à l'Agence de l'Eau."
 

10/10/2020
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Ici l'Europe Europe sur France 24 avec Benoît Biteau : vers une agriculture sans pesticides, ni OGM ? (partie 1)

C’est une question qui préoccupe en Europe : l’utilisation de pesticides, de produits chimiques et d’organismes génétiquement modifiés dans nos fermes et nos aliments. Alors qu’en France des dizaines de maires ont décidé d’interdire les pesticides dans leurs villes, "Ici l’Europe" s’intéresse à l’impact que pourrait avoir une interdiction à plus grande échelle sur les consommateurs et les producteurs, et s'il existe des alternatives viables.

 

Dans cette émission, Aude Lechrist s’entretient avec le ministre français de l'Agriculture et de l’Alimentation, Didier Guillaume, qui explique pourquoi il estime qu'une transition vers une agriculture moins chimique est essentielle et comment il pense qu'elle peut être réalisée.

Nous rencontrons aussi Benoît Biteau, député européen et également agriculteur bio, qui nous explique comment sa ferme – convertie au bio – peut servir de modèle pour ce qu’il considère comme le chamboulement nécessaire du système agricole européen. Nous rencontrons aussi d’autres agriculteurs qui essaient de se passer des pesticides pour produire plus sainement face à l’évolution des demandes des consommateurs.

Enfin, nos reportages vous proposent un éclairage sur les maires anti-pesticides, pour en comprendre plus sur ce conflit entre monde urbain et monde rural.
Une émission présentée par Aude Lechrist, produite par Johan Bodin, avec des images de Stéphane Bodenne, et la participation de Luke Brown, Céline Schmitt, Catherine Nicholson, Mathilde Bénézet, et Caroline de Camaret.

 

Publié le : Modifié le : 

 

Lien source : https://www.france24.com/fr/europe/20200210-europe-vers-une-agriculture-sans-pesticides-ni-ogm-partie-1?fbclid=IwAR2Zya8eCtZeYZ_siSb3jgF9VTIvlYF4MAtJnD4JSzuOr--u_yewUXjyQYE 


11/02/2020
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Des baudets du Poitou pour protéger les troupeaux des loups, Nouvelle République

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Des baudets du Poitou pour protéger les troupeaux des loups

Publié le | Mis à jour le 

 

Pour Benoît Biteau, le baudet du Poitou peut être un élément de réponse face au retour du loup.

Pour Benoît Biteau, le baudet du Poitou peut être un élément de réponse face au retour du loup.
© Facebook

Alors que le loup commence à faire son retour dans le Poitou, Benoît Biteau rappelle que le baudet protégeait autrefois les troupeaux de chèvres et de brebis.

 

 

La population de baudets du Poitou a commencé à décliner au milieu du 20e siècle. La mécanisation de l’agriculture explique en partie la tendance puisque le baudet était autrefois très recherché pour saillir les juments et produire de formidables mules. Mais elle l’explique en partie seulement.

« Le milieu du 20e siècle, ce n’est pas un hasard ; le dernier loup a été abattu à Ménigoutte en 1940 », précise Benoît Biteau, paysan agronome en Charente-Maritime, par ailleurs conseiller régional et député européen. « On avait fait le constat, à l’époque où il y avait encore des loups dans la région, que la présence du baudet au pâturage avec les chèvres ou les brebis avait tendance à repousser les loups. Les baudets protègent les troupeaux et attaquent les loups ! »
« Plus la moindre attaque depuis »A Saint-Agnant, près de Rochefort, Benoît Biteau a pu mener une expérimentation ces dernières années : « La commune avait mis des brebis pour entretenir une zone humide mais le troupeau était régulièrement attaqué par des chiens, errants ou non. Le maire m’a appelé pour que je lui trouve un baudet et il n’y a plus eu la moindre attaque depuis. »

Dans sa ferme de Sablonceaux, l’élevage des baudets avec des chèvres relève d’une logique agronomique pour l’amélioration de la productivité des prairies et le renforcement de la biodiversité. À l’avenir, si le retour des loups devait se confirmer dans le Poitou et les Charentes, les baudets pourraient aussi retrouver un rôle de protecteur des troupeaux.

« Ce n’est pas la solution unique et universelle mais ça peut être un élément de réponse à ne pas négliger », explique Benoît Biteau qui cite également en exemple l’expérience de piégeage en cours près du lac de Vassivière, en Limousin : « Les loups qui sont piégés près des troupeaux sont équipés d’une borne de géolocalisation. On peut les suivre en temps réel et intervenir quand ils s’approchent des troupeaux. Il y a aussi une logique de dressage puisqu’ils évitent les brebis pour ne pas revivre cette expérience désagréable. » Au moins aussi désagréable que le coup de sabot d’un baudet de 400 kilos.

 

source : https://www.lanouvellerepublique.fr/poitiers/des-baudets-du-poitou-pour-proteger-les-troupeaux-des-loups?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR3mg-b-yFWoVUX1R5se4dJCG10GgHw_ML_fWUSzuCDOk6EqpTg6t1SZDoA


11/02/2020
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Benoît Biteau dans Le Monde et vidéo de l'Huma, puis Sud-Ouest janvier 2019

 

 

Benoît Biteau : « Lorsque l’on change les pratiques agricoles, on change la relation au goût »

L’agriculteur, élu régional et député vert au ­Parlement européen, défend une vision agroécologique globale. Son dessert favori, le millas charentais, lui rappelle les saveurs du maïs cultivé par ses grands-parents.

Par   Publié aujourd’hui à 11h49, mis à jour à 14h34

Temps deLecture 2 min.

Benoît Biteau, à Paris. Julie Balagué pour M le magazine du Monde

« La ferme où je travaille aujourd’hui est celle où j’ai grandi, à Sablonceaux, la ferme de mes grands-parents et de mon père après eux. C’est une région très fertile, des sols sablonneux, limoneux, propices à la culture du maïs. J’ai côtoyé le maïs très jeune, auprès de mes grands-parents qui travaillaient selon une logique d’agriculture vivrière. Ils cultivaient des végétaux pour se nourrir et vendaient le reste, pratiquaient la traction animale et les mélanges de cultures, notamment le seigle et la vesce dans les vignes, pour nourrir les chevaux de trait, ce qui assurait leur autonomie énergétique. Ils avaient un cheptel très varié, brebis, chèvres, cochons et vaches. Des volailles, mais aussi des ressources alimentaires dans les marais, poissons, anguilles, écrevisses… Ils entretenaient une grande diversité de production et une complémentarité nécessaire entre la plaine et la zone humide, où mon grand-père avait aussi quelques claires ostréicoles. Ils pratiquaient deux types de culture du maïs, avec les mêmes graines mais des noms différents dans notre patois saintongeais : le garouil, qui était semé en lignes et destiné à l’alimentation humaine, et le garouillet, destiné à l’alimentation animale et semé à la volée. Les variétés étaient sélectionnées par les paysans, en fonction de leur bonne adaptabilité au milieu. C’était plein de bon sens.

Les dérives de l’agriculture intensive

Lorsque mon père a repris la ferme, dans les années 1960, il a succombé à la promesse du rendement record. Il a abandonné l’élevage et la diversification culturale, pour ne produire que du maïs hybride en monoculture. Le but était de nourrir des animaux qui ne devraient manger que l’herbe des prairies pourtant retournées pour y faire ce maïs, tout en pompant 300 000 mètres cubes d’eau par an (soit la consommation annuelle d’une ville de 5 500 habitants), à grand renfort de pesticides et d’engrais de synthèse. Bref, tandis que mes grands-parents fonctionnaient selon un cercle vertueux, mon père s’est jeté, comme ceux de sa génération, dans le cercle vicieux de l’agriculture productiviste industrielle.

« Quand mes grands-parents ont pris leur retraite et que le maïs de la ferme a changé, ma grand-mère a continué à préparer le millas, mais il n’avait plus le même goût. »

Le dessert de mon enfance, c’était le millas de ma grand-mère, une sorte de flan épais à base de farine de maïs et de cognac. J’ai toujours adoré ça. C’était un incontournable, une pâtisserie qui tenait au corps, que l’on mangeait pour les repas de battages ou de vendanges. Quand mes grands-parents ont pris leur retraite et que le maïs de la ferme a changé, ma grand-mère a continué à préparer le millas, mais il n’avait plus le même goût. Puis ma grand-mère a disparu, et le millas avec elle.

 

J’ai repris l’exploitation familiale en 2007, et j’ai inversé la vapeur, pour réinstaurer des pratiques agronomiques et agroécologiques sur nos terres. Je sélectionne et resème mes semences, je plante des arbres partout, j’associe les cultures, je n’irrigue pas, je ne laboure plus.

Lire aussi  Le millas charentais : la recette de Benoît Biteau

Lorsque mon amie Brigitte m’a préparé, il y a quelques années lors des repas partagés qui prolongent les trans­humances de mes vaches vers le marais, un millas avec ma farine de maïs, j’ai retrouvé le goût de mon enfance. Comme quoi, lorsque l’on change les pratiques agricoles, on change la relation au goût, aux paysages, à la terre, et les relations humaines. Cela emmène tout, cela change tout. »

Paysan résistant !, de Benoît Biteau, Fayard, 2018, 19 €.

Agriculteur, élu régional et député vert au ­Parlement européen, Benoît Biteau défend une agriculture de bon sens. Son dessert favori, le millas charentais, lui rappelle les saveurs du maïs cultivé par ses grands-parents.

Par   Publié le 17 janvier 2020 à 11h50

Julie Balagué pour M le magazine du Monde

Pour 6 à 8 personnes

  • 200 g de farine de maïs
  • 150 g de farine de blé
  • 1 pincée de sel
  • 3 œufs
  • 200 g de sucre en poudre
  • 125 g de beurre coupé en dés
  • 1 l de lait frais entier
  • 2 c. à s. de cognac

La préparation

Préchauffer le four à 180° C. Dans un saladier, mélanger les farines et le sel. Porter le lait à ébullition, y faire fondre le beurre, laisser tiédir. Battre les œufs avec le sucre jusqu’à ce que le mélange blanchisse un peu. Verser progressivement le mélange lait-beurre tiédi sur le mélange œufs-sucre, sans cesser de fouetter. Incorporer le mélange liquide aux farines, jusqu’à obtention d’une pâte lisse et onctueuse, sans grumeaux. Ajouter le cognac et bien mélanger.

La cuisson

Verser la préparation dans un plat à gratin beurré, enfourner pendant 40 minutes. Démouler chaud et déguster tiède ou froid.

 

Lien source : https://www.lemonde.fr/les-recettes-du-monde/article/2020/01/17/le-millas-charentais-la-recette-de-benoit-biteau_6026217_5324493.html

 


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19/01/2020
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Colloque international changement climatique et marais : Benoît Biteau, invité de France 3 Pays de la Loire et Tv Aunis

photo marais poitevin.jpg

Crédit photo marais poitevin.

 

La Rochelle. Changement climatique et adaptation des marais littoraux

Conférence de presse à La Rochelle, 27/28/29 novembre 2018, espace Encan.
Une vidéo d'Aunis TV.

Du 27 au 29 novembre 2018 à La Rochelle se déroule le Colloque international sur le Changement climatique et l'adaptation des marais littoraux.

 

 

 

 

France 3 Pays de la Loire
le 30 nov. 2018

Benoît Biteau est le président du Forum des marais atlantiques agriculteur en Charente-Maritime, co-organisateur d'un colloque sur les conséquences du changement climatique sur les marais littoraux. 

 

 

 

 

Direct sur webTV info 

 

 

web tv espace  lancan la rochelle.JPG

 

 Lien ici direct FB :

https://www.facebook.com/894489870619892/videos/122046048712980/?__tn__=%2CdkC-R&eid=ARCMI0y1sjXQ9E-FGYvlFPOSaMKgbLZ8KxYmDkuNjCwP9OXQYby3phgAfxtFLoyurX79P_2lvjklP4sZ&hc_ref=ARSxJs702tkNSnzMQTgLaLugDIG3skCmKZWbxpHY3RakLeCosZg5W6zinrcyeKW3fb4


02/12/2018
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