Benoît Biteau, paysan agronome

Benoît Biteau, paysan agronome

vos mots doux


Ferme Identi’terre, France, par Félix Tuchais sur les agro'nautes.org

 

Ferme Identi’terre, France

 

Salut à toi lecteur ! Moi c’est Félix et je suis étudiant en première année dans le cursus ingénieur SAADS (Systèmes Agronomiques et Agroalimentaires Durables pour le Sud). Je vais vous présenter ici la ferme dans laquelle j’ai fait mon stage de 1ère année. Comme vous l’avez sûrement compris je vais principalement travailler dans les pays du Sud mais avant de me lancer j’avais envie de prendre le temps de découvrir ce qui se fait de bien chez nous. Et évidemment comme le D de ma formation veut dire durable, je ne suis pas tombé n’importe où…

L’exploitation est morte, vive la ferme !

Benoît Biteau s’installe en 2007 en Charente-Maritime dans l’exploitation (le mot est choisi !) de son père basée sur la monoculture de de maïs intensive dans une zone où tout le monde fait de même (maïs, maïs, maïs partout !). Mais Benoît n’est pas venu sans un nouveau projet en tête et une vision complétement différente de l’agriculture. Il abandonne le modèle de son père et lance une transformation complète de l’activité et de la logique agricole en se basant sur un triptyque qui devient son leitmotiv : « CohérenceAgronomieAutonomie » (ça c’est important pour la suite !). La ferme Identi’terre est née.

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Acte 1 : L’eau

Avant de devenir paysan Benoît a travaillé comme expert dans un cabinet de conseil spécialisé dans l’irrigation. Ce passage de sa vie lui a bien appris quelque chose : l’importance de la gestion de l’eau en agriculture. De plus cette question est particulièrement importante en Charente-Maritime, terre des fameuses huîtres du bassin d’Oléron où l’eau est source de nombreux conflits entre les conchyliculteurs et les agriculteurs. Les premiers ayant besoin d’arrivées d’eau propre en provenance des terres pour pouvoir continuer leur activité professionnelle et les seconds pompant à tout va dans les nappes et rivières pour irriguer leur maïs et par le biais des ruissellements injectant des intrants chimiques dans l’eau. L’eau arrive donc en plus faible quantité et de moins bonne qualité. Faisant ce constat Benoît prend une décision radicale, ne plus irriguer ses cultures (cohérence !). Et là je vous vois venir : « Comment ?! De l’agriculture sans eau ?! ». Et oui, tout à fait car Benoît prend alors une seconde décision, planter des arbres dans ses parcelles (et oui les Agro’nautes parlent beaucoup d’agroforesterie, il faut croire que ça marche). Les arbres, en plus de nombreux autres services, vont aller pomper l’eau en profondeur et rendre une partie disponible pour les cultures (agronomie !). En plus d’être en cohérence avec le territoire ce choix répond également à une volonté d’autonomie (je ne vais pas le remettre vous avez compris) car il n’est plus dépendant de l’irrigation et du pompage dans la conduite de ses cultures. Ah et oui j’oublie un truc ! Il a bien sûr arrêté d’utiliser toute sorte d’intrant chimique remplaçant les engrais de synthèse par des associations de cultures judicieuses, comme le blé et la féverole. La féverole est une légumineuse elle fixe donc l’azote de l’air et en rend un partie disponible pour le blé, ce qui permet d’atteindre des taux de protéines dans le blé très élevés, par exemple 13,5 cette année (agronomie !) et les pesticides/herbicides par…hum…rien…mais on va reparler tout de suite !

Acte 2 : La biodiversité

Homme aux multiples facettes Benoît a également été directeur adjoint du Parc du Marais Poitevin. Encore une fois il ramène cette expérience dans ses bagages quand il s’installe comme paysan. Restons d’abord dans le thème des cultures végétales pour rester cohérent, n’est-ce pas ? Face aux semences hybrides, il réintroduit des semences populations qu’il reproduit lui-même sur sa ferme (autonomie !). A la monoculture il préfère la polyculture avec des rotations de cultures pouvant aller jusqu’à 12 ans pour ne pas épuiser le sol (agronomie !). Face aux pesticides  il est fier d’accueillir dans ses champs des auxiliaires de cultures comme la coccinelle, le carabe et bien d’autres. Mais non content de transformer la conduite des cultures végétales il réintroduit l’élevage et les prairies (historiques dans la zone) et pour rester…(vous savez ce que je vais dire là non ?)…cohérent il n’amène pas des Prim’Holstein en Charente-Maritime mais des Maraîchines, race locale bovine à très faible effectif. Il n’élève pas des Saanen pour faire du fromage de chèvre mais des Poitevines. On trouve également dans la ferme, des baudets du Poitou et des chevaux de trait poitevin mulassier (race équine locale). Évidemment, les animaux sont nourrit au maïs ensilé (qui est la production agricole majoritaire de la zone)…hum…vous y avez cru ? Comme il dit : « Les herbivores ça mange de l’herbe ! ». Tous les animaux sont donc au régime herbacé en plein champ (en clair ils mangent de l’herbe et se baladent dans des prairies), en plus comme ça nul besoin d’acheter des concentrés et autres nourritures animales (autonomie !). Étonnamment toutes ces races locales et rustiques sont parfaitement adaptées à ce régime (agronomie !). Ces différentes espèces sont associées dans les prairies pour en amplifier la productivité (ce qu’on appelle le pâturage multi-spécifique). En plus de manger de l’herbe ses vaches ont le toupet de se déplacer ! En effet une petite transhumance est organisée chaque année en juin (retour en octobre) vers les zones humides des marais où les vaches trouvent de l’herbe même en été. Et là-bas, elles ne font pas que brouter et ruminer, elles entretiennent et amplifient un écosystème fragile qui a été mis à mal par l’abandon de l’élevage et le drainage de l’eau pour les cultures des maïs. Cette zone appelée La Massonne est classée réserve naturelle régionale ! Les marais sont d’une importance capitale car ils font le lien terre-mer en assurant une transition douce entre la mer et la plaine, (sans eux, inondations à gogo !), leur entretien est donc fondamental (cohérence !).

Acte 3 : Le combat

Benoît est aussi un élu local (vice-président de la Région Poitou-Charentes de 2010 à 2015 et élu de nouveau conseiller régional de la Nouvelle Aquitaine) qui défend aussi bien ses idées sur l’agriculture dans les champs que dans les chambres (comme le Conseil Régional, oui ça aurait été plus clair de mettre assemblée mais c’était « vachement » moins stylé quand même). Et pour ça, il n’est pas seul. Il est épaulé par sa muZe verte, Stephanie Muzard (réalisatrice du film « Sans Terres et Sans Reproches ») qui est sur tous les fronts. Ils défendent l’idée centrale que l’argent public ne doit plus subventionner l’agriculture productiviste et intensive qui ne convient plus à la société civile (et l’argent public, c’est l’argent de la société civile, notre argent quoi). L’agriculture doit être un sujet de société ! Mais ça ne serait pas leur faire honneur que de résumer leur engagement à cette seule idée, tant ils enchainent conférences, débats, projections pour éduquer, convaincre les gens de leur vision d’un avenir meilleur. Et pour convaincre quoi de mieux que montrer ! C’est pourquoi ils reçoivent tous ceux qui veulent bien se donner la peine de venir dans leur ferme et prennent le temps de leur expliquer leur démarche. Une ferme ouverte sur le monde, ça change ! Je ne sais pas vous mais moi il me parait pas mal leur avenir…

Félix TUCHAIS

 

 

Source :  http://www.lesagronautes.org/index.php/2016/10/26/ferme-identiterre-france/

 

 

 

Merci Félix ! A tout bientôt....


26/10/2016
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Notre ferme inspire les artistes : Jean-Louis Leroy alias Jiel Leroy fait sa récolte d'images...

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Depuis deux jours, nous avons la visite charmante d'un drôle d'animal à moitié sauvage, à moitié domestique : le Jiel poitevin lâché dans la nature...

Depuis qu'il est de passage aléatoire sur notre ferme ou au café préféré de tous les artistes en herbe à Le Gua, ( l'Océane, pour ne pas faire de publicité des lieux sympas), il en vient à migrer régulièrement vers les terres bios fertiles de Berthegille... 

 

Non seulement c'est un furieux gourmand, amateur de confitures et de fromages, ratatouille et autres fruits et légumes de la ferme,  un sacré animal haut en couleurs, mais en plus, habillé en chasseur d'images,  il capture lui-même des instants pour nous donner à manger des yeux la vie d'une ferme biologique avec son regard unique...muni de son appareil photo "à dix balles"- comme il dit, et c'est vrai, j'ai vu l'engin!-

 

Je vous laisse apprécier ses clichés, et sans aucun doute, le reflet du plaisir qu'il a à parcourir notre ferme et à venir échanger avec nous, avec un talent reconnaissable.

 

Merci au Jiel : bienvenue aux artistes sur le territoire d'une ferme agriculturelle !

 

Il nous donne envie d'un projet d'exposition d'art : photos, sculptures, peintures, etc...qui sait ?

C'est toujours très intéressant d'exposer les regards de la société civile et des consom'acteurs qui aiment notre ferme !

 

Merci et bravo à lui ... et à ceux qui en effet immortalisent en les aimant un peu de nous, de nos animaux, de nos lieux...( comme Laurent Maître, entre autre !Mais il y en a d'autres !) 

 

Continuons à semer et s'aimer !

 

Ballade en Terre Viking...

 


20/09/2016
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Jour du printemps - année 2016 : Lettre à Benoît "the radical face" !

Merci à Thierry Anton... fraternellement, et très touchant :-).

 

 

 

Jour du printemps - année 2016 : Lettre à Benoît "the radical face" !

 

 

 

Comment vous dire... C'est donc le printemps et je m'autorise à une petite digression sur "mon journal de bord" : mon journal sans bord plutôt.

 

Il y a des histoires de marins qui remplissent mes rêves et des histoires de copains d'une vie d'avant faute qu'elle soit d'aventures.

Parmi eux il y a un certain Benoît, non pas qu'il fasse partie de mes amis - la vie ne nous en n'a pas laissé le temps- mais c'est un compagnon de ma compagne. Un compagnon de la campagne serait juste aussi.

J'ai vu récemment sur FACEBOOK que mon Benoît avait un peu le mal de vivre dans sa ferme. Cela aurait pu passé inaperçu dans le flot d'articles journaliers qui échouent sur mon fil d'actualité.

Mais là sa publication était plus personnelle : il s'agissait d'exprimer sa grande lassitude à demeurer un agriculteur bio dans un monde agricole qui ne leur laisse que des miettes de nos festins.

Aussi, par hasard, j'ai récemment recroisé Benoit à un concert à la Sirène où il était invité avec d'autres radicaux de sa bande. Moi c'était ma compagne qui m'avait invité et en fait, j'avais peu goûté au concert d'Ibrahim MAALOUF et non MATOUFFE ce qui m'aurait semblé plus rigolo.

Enfin ça c'est une question de goût musical personnel mais bon pas très emballé par ce déversoir de mélodie « Bontempi » mixé à la trompette avec des clips un peu niais et des flots d'effets lumineux. J'n'étais pas dans le trip, il faut dire que je devais partir avant la fin pour chercher ma petite sirène à moi à la Coursive.

 

J'ai quelques vieux souvenirs avec Benoît  et notamment l'histoire d'un âne qui s'appelait « Ion ».

 

« Un âne ? Que nenni ! " s'insurgerait Benoît : c'était un Baudet du Poitou.

C'était du temps au Benoît s'occupait de placer les baudets de l'âsinerie du Poitou dans différents endroits pour contribuer à la promotion de cette race locale.

J'en avais récupéré un pour « ma » réserve naturelle.

Il se trouve que  ...

 

lire la suite ici

Source : http://notretransat650.over-blog.com/2016/03/jour-du-printemp-annee-2016-lettre-a-benoit-the-radical-face.html


23/03/2016
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5245 messages de soutiens citoyens à Benoît Biteau en particulier et plus généralement à l'Agriculture Biologique

Notre soutien mutuel est essentiel !

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Ici et là, un peu partout, nous recevons le soutien et les encouragements chaleureux de plus en plus de personnes. Par écrit, oralement, lors de nos déplacements et rencontres en Régions, à la ferme, au téléphone, sur ce blog,  sur la cagnotte, sur les réseaux sociaux, dans la boîte aux lettres...  de personnes locales mais aussi de toute la FRANCE, de cette France qui se souvient de valeurs justes, éthiques, universelles, essentielles et qui sait encore ce que produire avec respect signifie en local comme en global.

Nous vous en remercions vivement car c'est la mobilisation et l'engagement de tous qui peuvent permettre d'apporter des solutions et de résoudre ou adoucir les difficultés.

Rien que sur la pétition de soutien à ce jour, impulsée par notre ami Gérard Dupin : 37 853 soutiens signatures et 5245 messages !

Ce n'est pas rien... et nous vous en sommes très reconnaissants.

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Voilà donc une partie de vos messages ici en document consultable afin de donner du corps à vos âmes en version papier !

 

ICI : http://static.blog4ever.com/2014/09/783997/5245-septembre-2015-comments_1442592563.pdf

 

Espérons que votre, notre libre parole fera réfléchir certains qui s'imaginent que l'Agriculture Biologique est une "niche"... ( là encore le vocabulaire laisse à désirer ... Une niche est un abri fabriqué pour les chiens. Elle est généralement située à l'extérieur des maisons et fabriquée en bois, mais on en trouve de plus en plus en plastique ou en résine. ...  Sommes-nous des chiens ? Sans doute pour les adeptes et amateurs des lasagnes bizarres...?!!!).

 

Mieux qu'un sondage de popularité, c'est un véritable plébiscite sans censure pour la véritable Agriculture Biologique et naturelle(*) avec votre, notre liberté d'expression !

 

MERCI de tout cœur !

Poursuivons ensemble les chemins ardus du bonheur ! 

(chers à Michel Crépeau, auteur d'un livre portant ce titre).

 

Stéphanie, co gérante de la pétition avec Gérard Dupin,

Pour Benoît...

Bonne lecture !

 

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(*) Ne pas confondre avec le terme "agriculture raisonnée", inventé en 2002 ...

PS et information : nous lisons dans vos commentaires souvent la confusion entre agriculture biologique (certifiée, contrôlée, naturelle) et agriculture "raisonnée".

"Agriculture Raisonnée" et FARRE (Forum pour une Agriculture Raisonnée et Respectueuse de l'Environnement), ne sont que le fruit d'une propagande organisée par la FNSEA et les firmes chimiques de l'UIPP (Union des Industries de la Protection des Plantes) pour mettre du beau vocabulaire autour d'une imposture n'ayant pour ambition que le marketing de l'agriculture chimique! En effet, son cahier des charges n'a pas plus d'ambition que les règles "d'écoconditionnalités" de la PAC pour percevoir les aides à l'agriculture. Ce qui signifie que tout agriculteur recevant des aides PAC est en "agriculture raisonnée", c'est à dire absolument tous les productivistes chimiques! On peut dire qu'ils ont réussi leur propagande pour "vendre" l'inacceptable plutôt que de se mobiliser vers une modèle agricole raisonnable, responsable, citoyen et humaniste! Même la justice a condamné cette imposture! http://www.eau-et-rivieres.asso.fr/media/user/20041216_FARRE.pdf

 

De plus... autre rappel :

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Question de vocabulaire mais pas que... lire l'article : http://www.val-de-seudre-identi-terre.com/paysans-pas-exploitants

 


08/03/2016
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Purin d'orties et extraits végétaux, de Jean-François Lyphout, le livre !

Merci à Jean-François Lyphout pour son ouvrage fort intéressant, alternatives aux pesticides, qu'il nous a gentiment offert et envoyé à la ferme !

 

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27/08/2015
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