Benoît Biteau, paysan agronome

Benoît Biteau, paysan agronome

L'engagement ici et ailleurs


Pesticides et agroécologie : Lettre à la députée Jeanine Dubié (65)

Voici la diffusion d'un courrier dont la source est :  http://www.stephaniemuzard.fr/pesticides-et-agroecologie-lettre-a-la-deputee-jeanine-dubie-65

 


 

 

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Bonjour,

 

j'ai découvert avec effroi cette diffusion de Mme Dubié sur sa page Facebook.

 

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Je lui ai donc écrit cette lettre, que j'ai envoyée en copie aux deux ministères et que je diffuse comme droit de réponse et devoir de citoyenneté ! Et je vous encourage à faire de même très vite !

 

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29/09/2017
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VIDEO. "Les pesticides ont tué mon père vigneron" par l'amie Valérie Murat pour le nouvel obs...

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Bravo, courageuse Valérie, avec notre affection, notre soutien et pensées aux autres ami-e-s victimes des pesticides, Caroline, Marie-Lys et Jacky...et tant d'autres...courageux aussi. Gratitude...pour votre courage !

 

Amitiés, Stéphanie et Benoît.

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VIDEO. "Les pesticides ont tué mon père vigneron"

 

 

Le père de Valérie Murat est mort d'un cancer, après avoir manipulé un puissant pesticide dans ses vignes. Depuis cinq ans, elle lutte contre l'industrie chimique, l'Etat et... l'omerta. Témoignage dans notre vidéo ci-dessus.

 

Le père de Valérie, James Bernard Murat, a travaillé toute sa vie comme viticulteur dans le Bordelais. En 2012, il meurt d'un cancer broncho-pulmonaire. En cause : l'arsénite de sodium, un pesticide puissant, qu'il répandait sur le raisin. Jamais il n'a été averti des risques liés à la manipulation de ce produit. Le danger de ce poison, aujourd'hui interdit, a été reconnu après une longue lutte par la MSA (la Mutualité sociale agricole, la Sécu des agriculteurs). 

Avant de mourir, le père de Valérie Murat souhaitait engager une procédure pénale contre l'industrie chimique, mais aussi l'Etat, qui a laissé ce produit sur le marché, quand d'autres pays l'avaient interdit depuis de nombreuses années. 

James Bernard Murat n'a pas eu le temps de porter plainte. Sa fille a pris le relais.

Le long de son chemin de lutte, Valérie Murat a rencontré dans la région de Bordeaux des femmes de vignerons qui avaient perdu leur mari de cancer de la prostate ou des testicules.

Ou encore des familles de viticulteurs où des enfants sont atteints de leucémies, des femmes qui font des fausses couches à répétition, des ouvriers agricoles atteints de la maladie de Parkinson.

Des pesticides cancérogènes 

Valérie Murat poursuit le combat, car d'autres pesticides, très nocifs, sont toujours pulvérisés sur la vigne : les CMR, ou cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques.

Face à elle, un mur. Ni les grands producteurs de Bordeaux, ni les autorités locales, ni le ministère de l'Agriculture ne prennent de mesures concrètes, selon Valérie Murat.

"L'Etat continue à parler de diminution des pesticides, sans autres précisions."

Dans un rapport, le député PS Dominique Potier avait même fait une comparaison avec le scandale de l'amiante...

Le glyphosate interdit d'ici 2022 ? Le gouvernement met de l'eau dans son vin

Omerta dans le Bordelais

Bordeaux, la lanceuse d'alerte se heurte à une vaste omerta. Dans ce pays du vin le plus réputé du monde, qui vit d'exportations de bouteilles qui dépassent parfois les 100 euros, les enjeux économiques restent énormes. Les médias locaux font parfois le service minimum...

Il s'agit pourtant d'un problème de santé plus large, qui ne touche pas seulement les agriculteurs. Si les vignerons demeurent peu informés, les consommateurs aussi, rappelle Valérie Murat : la France n'a pas légiféré sur la limite maximale de résidus de pesticides dans le vin. Sur une bouteille classique, le taux de résidus de pesticide n'est pas inscrit, car la loi n'oblige pas les producteurs à l'indiquer. 

Ecoutez l'histoire de Valérie Murat dans la vidéo ci-dessus. 

 


26/09/2017
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SUPPRESSION DES AIDES AU MAINTIEN DE LA BIO : UNE DÉCISION DÉSASTREUSE par Jacques Caplat

Suppression des aides au maintien de la bio : une décision désastreuse

 

Le nouveau ministre de l'agriculture, Stéphane Travert, a annoncé mi-septembre la suppression du dispositif d'aide aux agriculteurs biologiques certifiés, dite « aide au maintien ». Cette décision résulte d'abord de l'inconséquence du gouvernement précédent dans la planification budgétaire des aides agricoles, dont l'actuel ministre a inconfortablement hérité. Mais elle traduit également un manque de courage politique du gouvernement actuel, car les sommes concernées (quelques centaines de millions d'euros) sont un grain de sable dans l'océan des récents cadeaux fiscaux. Elle était hélas prévisible depuis le début de l'été, et nous étions nombreux à l'avoir lue en creux dans les déclarations de Stéphane Travert depuis deux mois, malgré ses dénégations officielles. Au-delà du signal catastrophique qu'elle envoie au monde agricole, cette suppression témoigne d'un véritable déni des distorsions de concurrence titanesques qui pèsent sur l'agriculture biologique. Elle relève d'une vision néolibérale caricaturale (et totalement fantasmatique, car contredite quotidiennement par la réalité) et d'une grave incompréhension des mécanismes socio-économiques en jeu dans l'activité agricole.

 

 

Marché bioPhoto J. Caplat

 

 

Pourquoi une « aide au maintien » ?

 

Le nom même de cette aide publique est plus que discutable et crée un malentendu dommageable. Lorsque la FNAB (fédération nationale d'agriculture biologique) a proposé la création de ce dispositif au tournant des années 2000, c'était sous le nom plus explicite de rémunération de reconnaissance. Je peux l'éclairer de l'intérieur puisque j'étais alors chargé des politiques agricoles au sein de la FNAB et que je fus de facto l'un des « pères » de cette mesure.

 

Il convient d'abord de la distinguer de l'aide à la conversion. Cette dernière vise à compenser les pertes économiques inévitables subies par les agriculteurs conventionnels qui s'engagent en conversion vers l'agriculture biologique. En effet, lors des deux ou trois premières années de conversion, l'agriculteur (ou l'agricultrice) doit impérativement appliquer le règlement biologique, sans pouvoir encore vendre ses produits sous ce label : c'est un délai nécessaire pour « nettoyer » les sols, les plantes et les animaux et surtout pour réorganiser les pratiques. En outre, il faut bien cinq ans au minimum pour que le système agronomique ainsi modifié commence à retrouver un équilibre et à s'approcher d'une production optimale et rémunératrice. Les aides à la conversion sont donc incontournables et vitales, compensant un manque-à-gagner flagrant.

 

Mais une ferme biologique ne vit pas dans un monde de papier où n'existeraient ni subventions, ni fiscalité, ni pollutions, ni pays voisins. Soumis à diverses distorsions de concurrence, les agriculteurs déjà certifiés bio (depuis 5, 10 ou 30 ans) se retrouvent pénalisés alors même qu'ils fournissent d'indiscutables et essentiels services à la collectivité. Il est légitime, et nécessaire économiquement, que les bénéfices apportés par l'agriculture biologique à la qualité de l'eau, de l'air, des sols, à la limitation des dépenses de santé, au maintien de la biodiversité, à la réduction du dérèglement climatique, soient rémunérés.

 

Que ce soit clair : les agriculteurs biologiques n'ont jamais demandé à être « soutenus » pour une activité prétendument non-rentable, mais au contraire à voir leurs immenses services reconnus et justement rémunérés. C'est pourquoi ce deuxième dispositif a été établi dans pratiquement tous les pays européens dès les années 1990, la France restant dramatiquement à la traine en matière d'aides à la bio. Suite à de nombreuses négociations avec le ministère de l'agriculture (et avec le soutien constant du ministère de l'environnement) entre 2000 et 2008, transcendant les clivages politiques, les agriculteurs biologiques français, regroupés au sein de la FNAB, ont obtenu d'abord l'instauration d'un crédit d'impôt puis d'une aide au maintien. Celle-ci est destinée à tou-te-s les agriculteurs et agricultrices bio ayant terminé leur phase de conversion et n'étant plus éligibles au premier dispositif d'aide.

 

 

Une rémunération de services rendus

 

Le deuxième pilier de la PAC (politique agricole commune) vise notamment à rémunérer les services environnementaux rendus par certaines pratiques agricoles, au détriment de leur propre compétitivité brute. Il serait temps que les décideurs politiques comprennent que le prix d'un produit agricole est totalement biaisé et ne représente pas son « coût de production » réel. Parler de régulation par le marché est une aberration et la preuve d'une inquiétante méconnaissance de l'économie agricole. Le prix de vente résulte d'une addition de coûts directs, de coûts induits, d'externalisations (faisant injustement baisser le prix apparent au détriment de la collectivité), de subventions publiques ou privées, etc. Le « marché » n'intervient que pour une proportion minime (et se réduisant sans cesse) dans la constitution du prix d'un aliment.

 

Un exemple est édifiant. La ville de Munich, en Allemagne, a décidé dans les années 1990 de passer son bassin versant en agriculture biologique, de façon à préserver sa ressource en eau face à un risque de pollution par les nitrates. Aujourd'hui, la somme des aides allouées par l'agglomération de Munich aux agriculteurs de son bassin versant pour qu'ils restent en bio représente 1 centime d'euro par mètre-cube d'eau distribué (aides directes, accompagnement technique, organisation de filières pour écouler les produits dans les cantines de la ville, etc.). Cela permet aux Munichois d'éviter de construire une usine de dénitrification, dont le fonctionnement revient en moyenne à 30 centimes d'euros par mètre-cube d'eau distribué. Vous lisez bien : payer les agriculteurs pour qu'ils soient en bio coûte 30 fois moins cher que dépolluer l'eau de ses nitrates. Même si la situation (et les coûts) peut varier d'un lieu à l'autre et si l'écart constaté à Munich ne se retrouvera pas partout, il est facile de prouver que la production d'un aliment biologique coûte moins cher, aujourd'hui, que la production du même aliment en agriculture conventionnelle (notamment lorsque l'on tient compte des coûts induits sur la santé).

 

Pourtant, tout le monde peut constater que les produits biologiques coûtent aujourd'hui plus cher à l'achat, et que les agriculteurs bio sont bien obligés de pratiquer de tels prix s'ils veulent gagner leur vie. Pourquoi ce paradoxe ?

 

 

Des distorsions de concurrence considérables

 

C'est que l'économie n'est pas une équation simpliste. Un monde « toutes choses étant égales par ailleurs » n'existe pas, car l'économie agricole est basée sur de nombreux biais :

 

  • des héritages historiques (les exploitations ayant bénéficié de subventions massives depuis 40 ans ont évidemment utilisé cet argent pour construire des outils de stockage, spéculation et concentration industrielle qui leur permettent aujourd'hui de vendre moins cher que le coût de production loyal ; supprimer les aides ne suffirait pas à rétablir l'équité puisque cet héritage historique inique demeure, faisant de certaines exploitations céréalières les aristocrates du XXIe siècle),

 

  • le coût du travail (j'ai évoqué dans un autre billet combien le choix de faire peser les contributions sociales sur le travail et d'en exonérer le pétrole et le capital, conduit à une distorsion de concurrence astronomique au détriment des agricultures riches en emploi, l'écart de cette distorsion étant de un pour quatre soit 400 %, de quoi donner le vertige),

 

  • les subventions actuelles (tout le dispositif du premier pilier de la PAC conduit à attribuer une rente totalement déconnectée de la réalité de la production, favorisant sans aucune justification l'agrandissement au détriment de l'environnement ou de l'emploi, cette distorsion n'ayant là encore rien de « naturel »),

 

  • les subventions cachées au pétrole, aux transports à longue distance (entretien des routes), aux pesticides (gourmands en pétrole), etc.,

 

  • et bien sûr tous les coûts induits sur l'environnement et la santé, qui ne sont pas intégrés dans le prix d'un produit conventionnel – alors que le prix d'un aliment issu de l'agriculture biologique intègre par définition les économies qu'il induit pour la collectivité.

 

Ainsi, d'un côté le coût de production réel d'un aliment bio est inférieur à celui d'un aliment conventionnel dès lors que l'on prend en compte l'ensemble des charges assumées par la collectivité (dépollution de l'eau, santé, biodiversité, dérèglement climatique...). De l'autre côté, le prix de vente d'un aliment bio est obligé aujourd'hui d'être plus élevé que celui d'un aliment conventionnel pour que l'agriculteur ou l'agricultrice gagne sa vie. Entre ces deux constats se trouve le monde réel, avec toutes les distorsions de concurrences, subventions cachées et coût externalisés que je viens d'évoquer.

 

Imaginer que les agriculteurs biologiques pourraient être laissés dans un fantasmatique face à face libéral avec les filières agricoles conventionnelles, voilà qui témoigne d'un incroyable (et terriblement inquiétant) déni de ces distorsions de concurrence. Demander aux filières biologiques de s'ajuster par la magie du « marché », dans un contexte biaisé de A à Z où les coûts collectifs sont dissimulés, c'est faire preuve de cynisme ou d'inconscience. Et, quelle qu'en soit la cause, c'est indéfendable.

 

 

Le retour d'une distorsion de concurrence européenne

 

Il va de soi que la suppression des aides françaises aux agriculteurs biologiques certifiés, combinée à leur maintien dans tous les autres États-membres de l'Union européenne, va faire renaître une distorsion de concurrence au sein de l'UE, au détriment de la bio française. À coût de production identique, un agriculteur bio français devra compenser l'absence de rémunération de reconnaissance par une augmentation de ses prix, là où l'agriculteur bio allemand, italien ou autrichien pourra se permettre un prix de vente inférieur. Ce sera naturellement la porte ouverte aux importations, au détriment de l'organisation de filières biologiques territorialisées (donc au détriment de l'environnement) et au détriment de l'agriculture française. Est-il besoin de développer davantage cette évidence ?

 

 

Paysage agricole en AuvergnePhoto J. Caplat

 

 

Des fonds privés pour soutenir la bio ?

 

Poussant jusqu'au bout sa théorie néolibérale, le ministre de l'agriculture propose que les filières agricoles financent elles-mêmes le développement de la bio, et que des fonds privés s'y ajoutent. Un tel raisonnement est ici encore consternant de méconnaissance des mécanismes agro-industriels. Comment peut-on sérieusement imaginer que les filières agro-alimentaires conventionnelles, basées sur la recherche d'un rendement financier optimal (rémunération des actionnaires, même s'ils sont dans certains cas formellement appelés « coopérateurs »), puissent par magie ou par une soudaine conversion vertueuse mystique, décider d'organiser des filières contredisant radicalement cette logique financière ? Comment peut-on imaginer que des filières ayant construit toute leur rentabilité sur des économies d'échelles verticales (spécialisation par filière, par produit) se réorganisent du tout au tout pour rechercher des économies d'échelles horizontales (par territoire, dans une complémentarité des produits en fonction des intérêts agronomiques des paysans) ?

 

Sortons des théories fumeuses ! Toute l'histoire de l'agriculture biologique nous démontre que les filières agro-alimentaires sont prêtes à suivre une voie nouvelle lorsque leur survie est en jeu, mais pas d'ouvrir de nouvelles voies. Un exemple encore. Lorsque les céréaliers biologiques ont voulu diversifier leurs productions dans les années 1990, par nécessité agronomique (réorganisation de la succession des cultures et introduction de cultures nouvelles, pour préserver les sols et la fertilité), les coopératives céréalières existantes leur ont opposé une fin de non-recevoir : pas question de s'embêter à chercher de nouveaux débouchés pour des cultures nouvelles. Les céréaliers biologiques ont alors dû créer leurs propres coopératives diversifiées (Cocebi, Biocer, Corab...) pour créer eux-mêmes de nouvelles filières. Bien sûr, une fois ces cultures banalisées et les débouchés créés, les coopératives conventionnelles ont suivi, s'engageant à leur tour dans ces nouvelles filières et proposant aux coopératives bio des partenariats avantageux. Tant mieux : il est intéressant et sain que l'agro-alimentaire conventionnel se pose des questions, mûrisse, évolue et s'adapte aux nouvelles approches inventées par les agriculteurs biologiques. Mais ne soyons pas dupes, cette évolution n'est jamais pionnière, jamais dynamique, elle relève de l'adaptation à un changement provoqué par d'autres. Si nous avions dû compter uniquement sur les filières conventionnelles existantes, jamais les céréales biologiques n'auraient pu se développer en France depuis 20 ans. Il en est de même avec l'élevage (même si la plupart des groupements d'éleveurs bio des années 1990 ont été ensuite étouffés ou absorbés, ils ont été absolument nécessaires pour mettre en branle la filière).

 

 

Une insécurité psychologique dramatique

 

Il y aurait également beaucoup à dire sur la démobilisation et l'insécurité qu'une telle suppression fait peser sur les agriculteurs et agricultrices s'interrogeant sur une évolution technique. J'ai eu l'occasion de développer ces aspects anthropologiques et psychologiques dans un autre billet. Il est utile de rappeler ici que le changement vers une autre agriculture (en l'occurrence la bio) est une rupture sociale et mentale très lourde pour un agriculteur, qui demande à être accompagnée techniquement et économiquement mais aussi, et impérativement, à être sécurisée par un cadre politique clair et constant. Les changements de dispositifs, les retards actuels de paiement ou, pire, la suppression d'aides, découragent un nombre important de personnes qui envisageaient une transition et freinent scandaleusement l'essor nécessaire et urgent de l'agriculture biologique. La manière dont de nombreux décideurs politiques ignorent (de bonne foi) ces réalités anthropologiques fondamentales et pourtant flagrantes ne cesse de laisser pantois, voire d'effrayer.

 

 

L'agriculture biologique n'est pas une niche, pas plus qu'un caprice privé. Elle relève du bien commun, de la transformation écologique des territoires, elle est consubstantiellement une affaire collective et publique. La confier à des fonds privés est un contresens qui ne peut conduire qu'à une « agriculture conventionnelle sans chimie », à une évolution technique au rabais, modifiant des gestes superficiels sans réformer réellement la structure agronomique des pratiques (ni la concentration industrielle des filières). Croire à une autorégulation fantasmatique d'un marché pourtant écrasé sous les distorsions de concurrences (que l'État est précisément là pour corriger ou compenser !) est consternant. Il est encore temps pour le gouvernement de revenir sur sa décision désastreuse. Autant une concertation franche avec les organisations biologiques pour imaginer des financements dans un cadre budgétaire difficile serait compréhensible, autant un désengagement de l'État et un abandon de la bio au seul « marché » conventionnel est un sabotage intolérable de la transition agricole et une irresponsabilité historique qu'il faudra bien assumer.

 

 lien direct de l'article : http://www.changeonsdagriculture.fr/suppression-des-aides-au-maintien-de-la-bio-une-decision-desastreuse-a1


25/09/2017
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Communiqué : pourquoi je quitte la Confédération Paysanne, par Benoît Biteau.

Quand la bêtise, la mauvaise foi et l'ingratitude atteignent des profondeurs abyssales.

 

J’ai consacré les 30 dernières années de vie à des enjeux agricoles, plus particulièrement depuis que je suis paysan en mettant en œuvre des logiques agricoles originales, à plaider pour l’émergence d’un autre modèle agricole, et donc naturellement j’ai toujours activement coopéré avec la Confédération Paysanne que je pensais être un allié sincère.

Dès mon installation, je me suis lourdement impliqué sur les sujets de l’installation, de l’eau et des OGMs.

En 2010, lors de mon élection à la Vice-Présidence de la Région Poitou-Charentes, sans jamais renier ma forte proximité aux idées portées par la Confédération Paysanne à laquelle je reste un fidèle adhérent, dans un souci de clarification, je renonce à mes délégations au sein du syndicat pour mobiliser toute ma force, mon énergie, mes compétences, mon temps à l’émergence de politiques publiques concrétisant la mise en œuvre des vertus de l’agriculture paysanne, comme peuvent en témoigner mon bilan de mandat et l’antipathie que me voue la FNSEA.

J'ai donc, à ce moment là, accepté être l'ambassadeur de la Confédération Paysanne à l'assemblée régionale, et j'ai tenté de le faire de mon mieux! Ce qui m'a valu me trouver dans des situations personnelles parfois délicates!

Et si à la lumière de l’ingratitude et de la mauvaise foi dont la Confédération Paysanne 17 fait preuve depuis quelques jours, cette détermination, cette volonté n’avaient été qu’à sens unique ?

Et pourtant combien de fois, dans les collectifs auxquels j'assistais, ai-je entendu les lamentations des confédérés se plaignant de l'absence de soutien des élus?

À Limoges, lors de l'occupation de l'ASP, la Confédération Paysanne de ce même département m'a demandé de communiquer sur mon soutien à l'action de la Conf’. Ce que j’ai immédiatement fait par un communiqué de presse, le jour même.

Dans le prolongement de cette communication sollicitée au départ par la Confédération Paysanne locale, nous décidons, en lien avec la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique, et après avoir aussi sollicité la validation de la Confédération Paysanne Nationale, de déployer une banderole à l’entrée de la ferme, dénonçant le non-paiement des aides dues par l’Etat aux paysans.

Et surprise, la banderole installée est dénoncée par... la Confédération Paysanne 17 !  

 

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En cause, avant...

et puis après, demande de masquer le logo de la Conf'...

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Quand de nombreux camarades paysans, essentiellement proches de la Conf' et pouvant pourtant voter pour elle aux très proches élections chambre, se réjouissent et s'enthousiasment de cette action originale, nous sollicitent pour réaliser la même sur leur ferme, les chefaillons du 17 s'offusquent et s'embourbent dans des procédures niveau cour de l'école maternelle, au motif qu’on n’a pas levé le doigt pour sortir faire pipi ! Attention, les postures hors-sol vous guettent!

Alors non, le soutien de la Confédération Paysanne n'a jamais été à la hauteur de mon engagement et des risques pris. Mais je ne l’ai jamais fais pour ça, mais pour l’intérêt commun, qui semble-t-il n'est plus franchement sa priorité!

Et quand un élu apporte un soutien fort, comme vous l’espériez depuis des années en général, et en particulier sur ce sujet, ça devient gênant?

C'est l'un ou l'autre, pas l'un et l'autre, au risque de sombrer dans une grave schizophrénie! 

Alors oui, nous allons faire disparaître le logo de la Confédération Paysanne de cette banderole en faisant apparaître son refus de soutien à cette démarche.

Mais à vous acharner sur ceux qui peuvent encore tenter de sauver ce qui reste sauvable, je crains que l'année 2018 scelle un destin bien peu rassurant pour ce réseau!

Alors non, je n'ai rien oublié! Il semble que l'amnésie soit plutôt de votre coté!
Et trouver dans la mise en place de cette banderole une action individuelle et non pas une marque de soutien aux paysans, à TOUS les paysans, en détresse en raison du non paiement des aides dues par l’État, est d'une mauvaise foi d'une intensité rare!
Je ne suis pas fâché, je suis infiniment, profondément déçu!

Déçu de tant d'ingratitudes, de mauvaise foi et de bêtise.

Déçu d'avoir autant donné de mon temps, de mon énergie, de mes compétences, de ma force, de ma vie, de mon argent aussi, à des imbéciles qui ne le méritent pas!

Qui n'osent rien, qui ont peur de tout, alors que c'est l'audace qui fait bouger les lignes!

Je quitte donc définitivement ce syndicat dirigé localement par des poules mouillées et des procéduriers qui se trompent de combat.

Je constate, à l'instar de la manière dont ce syndicat traite José BOVE, qui pourtant sans lui n'aurait jamais eu le rayonnement qu'il a pu avoir, que ce n'est pas le respect et la gratitude qui les étouffent.

Etymologiquement, confédéré signifie « réunir » du latin cum et « alliance » de foedus, et là on assiste au contraire, à des logiques de « condivisés », par ceux que se revendiquent pourtant les tenants du rassemblement. 

Voltaire disait: "Gardez-moi de mes amis, quand à mes ennemis, je m'en charge!"
Je confirme, qu'avec des amis comme ça, plus besoin de me chercher des ennemis!

 

Benoît BITEAU.

 

 

NB : Nous avons aussi retiré les deux vidéos de la Manif de Saintes avec la dite banderole, le partenariat territorial sur le blog site, les autocollants sur le parc véhicules de la ferme et de nos entreprises respectives, etc.

 

Avant / après :

 

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Vidéo dépubliée et relayée partout sur les pages de la Conf'. :

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24/09/2017
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Aides PAC non versées depuis 2015 : soutien au blocage de l'ASP par la Confédération Paysanne

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Mes amis de la Confédération Paysanne bloquent les locaux de l'Agence des Services et de Paiements (ASP) à Limoges et c'est la bonne cible! 
Contrairement aux aides du premier pilier de la PAC qui sont versées sans contreparties et sur la base de références historiques, les aides du second pilier rémunèrent des services rendus par l'agriculture sur les équilibres, les ressources et l'eau en particulier, les biodiversités sauvages et domestiques, le climat et la santé, au premier rang desquelles, les pratiques adoptées par l'agriculture biologique.
Elles devraient donc constitué une priorité de traitement et de versement par l'ASP, en raison des logiques vertueuses qui y sont associées, en raison du fait qu'elles concernent généralement des éleveurs en système herbagé frappés de plein fouet par la crise de l'élevage.
Et bien c'est tout le contraire!
Les aides du premier pilier sont versées chaque année, et jusqu'au dernier centime aux gros céréaliers, avant le 31 décembre. 
En revanche, les Mesures Agro-Environnementales (MAE), visant à rémunérer, par exemple, la préservation des prairies humides ou encore la conservation des races locales menacées, mais aussi les aides à l'Agriculture Biologique, elles, ne sont toujours pas versées pour les campagnes 2015 & 2016, et bientôt 2017, pour laquelle sont d'ores et déjà annoncés des retards de paiement de plusieurs mois. 
Alors que dans le meilleur des cas, les paysans concernés ont obtenus des avances bancaires dont les intérêts sont bien entendus totalement à leur charge, ou dans le pire des cas, quand la banque n'est pas compréhensive et ça existe, ils ne peuvent plus payer, par exemple, la cantine de leurs enfants, ou le carburant de la voiture et sont donc plongés dans des situations économiques dramatiques, loin, très loin, très très loin des tracas de ceux qui, fonctionnaires à l'ASP par exemple, se demandent si pour les vacances, ils partent au bord de l'Atlantique ou de la Méditerranée, l'ASP explique ces retards de paiement, avec une indécence rare, par des difficultés de mise au point d'un logiciel. 
Oui, vous avez bien lu, en 2017, avec la quantité de compétences informatiques disponibles sur le marché du travail, l'ASP, ose convoquer un alibi aussi minable que celui-ci.
Et les conséquences peuvent être terribles, allant de la mise en péril des entreprises à la décision fatale du suicide, en très forte hausse ces dernières semaines dans le monde agricole. 
Cette attitude n'est pas seulement irresponsable, elle est dans certains cas criminelle. Oui, j'assume, criminelle. (3 suicides en Charente en une semaine au début du mois d'Août).
D'autant plus que ces fonds sont des fonds européens intégralement versés par l'Union Européenne sur le compte de l'Etat Français. 


Et après avoir éreinté la dynamique de conversion à l'Agriculture Biologique, en refusant de transférer suffisamment de fonds du premier pilier (soutenant principalement les activités céréalières chimiques) vers le second pilier pour soutenir le développement de l'agriculture biologique, ce gouvernement risque bien de donner le coup de grâce au développement des pratiques agricoles les plus vertueuses en cédant, d'une part à la pression de la FNSEA, et d'autre part en négligeant la rémunération contractuelle des services rendus par cette agriculture vertueuse. 
Et, pour pousser le bouchon jusqu'au bout, comment l'ASP peut-elle encore diligenter des contrôles sur des pratiques dont elle n'a pas su honorer le paiement contractuel depuis presque 3 ans? 
Là encore, au-delà du zèle, il s'agit de comportements d'une indécence rare pouvant parfois être criminels. 
Alors oui, je suis solidaire de cette occupation des locaux de l'ASP, de cette grève des contrôles et refuse la réception sur ma ferme des contrôleurs, alors qu'un 12iéme contrôle en 10 ans m'a été signifié au début du mois d'août. 
Et en raison de l'indécence de cette situation, j'ai également engagé une grève des versements de mes cotisations à la Mutualité Sociale Agricole (MSA), seul levier pour faire supporter à une structure publique, ce que l'ASP, agence publique également, fait supporter aux paysans. 
Le rapport de force est bien entendu déséquilibré , et nous ne réussiront pas à faire sombrer la MSA qui dispose de l'arsenal de procédures légales à sa disposition pour nous obliger à régler nos cotisations, mais il n'y que les combats qu'on ne mène pas qui sont perdus d'avance! 


Total soutien à mes copains paysans de la Confédération Paysanne. 

 

Benoît Biteau.

 


PAIEMENT DES AIDES PAC 2015 ET 2016 La Confédération paysanne occupe le siège de l’ASP pour dénoncer les retards

•  • TERRE-NET MÉDIA
 

Depuis le début de l’après-midi, lundi 28 août, des membres de la Confédération paysanne occupent les locaux de l’ASP, l’agence des services et paiements, à Limoges, pour dénoncer les retards sur le paiement des aides Pac 2015 et 2016.

La Confédératio
n paysanne occupe, depuis le début de l’après-midi lundi 28 août, l’Agence de services et de paiement à Limoges « pour protester contre le retard inacceptable du paiement des aides Pac 2015 et 2016 », explique le syndicat dans un communiqué. « Cette occupation durera jusqu’à ce que nos revendications soient entendues par le ministre de l’agriculture Stéphane Travert », prévient-il.

Le syndicat exige d’abord le « paiement immédiat des aides Pac en retard ». « Ces aides ne sont pas une aumône, elles rétribuent un travail qui, lui, a bien été fait sur nos fermes. Nous faisons notre travail, l’Etat doit faire le sien ! »

La Confédération paysanne demande aussi un « dédommagement financier pour le retard de paiement, proportionnel au montant des aides en retard ». « Il est inacceptable que nous devions supporter financièrement le poids du retard de paiement, alors que c’est l’Etat qui en est le seul responsable. »

Enfin, le syndicat réclame une suspension des contrôles. « De nombreuses fermes ont été mises en difficulté du fait du retard de versement des aides. Nous ne pouvons pas tolérer que des contrôles viennent rajouter une pression supplémentaire et contre-productive. L’urgence absolue est d’aider les paysannes et les paysans à sortir la tête de l’eau, certainement pas de les enfoncer un peu plus. »

 

https://www.terre-net.fr/actualite-agricole/politique-syndicalisme/article/la-confederation-paysanne-occupe-le-siege-de-l-asp-pour-denoncer-les-retards-205-129866.html

 

La Confédération paysanne séquestre le directeur de l'Agence de Service de Paiement de Limoges

 

La Confédération paysanne retient depuis ce mardi matin, dans un bureau, le directeur de l'Agence de service et de paiement de Limoges, Stéphane Lemoine. 

La tension est montée d'un cran ce matin du côté de l'ASP à Limoges dont le hall est occupé depuis hier par une cinquantaine de militants de la Confédération paysanne en colère contre les retards des versements de la Pac 2015.

 

En réaction au refus du ministère de  l'agriculture de les rencontrer, les agriculteurs ont décidé de séquestrer le directeur de l'agence nationale de paiements, Stéphane Lemoine, au 2e étage du bâtiment. " Le représentant du ministre nous a dit qu'il ne nous rencontrera que lorsque nous aurons évacué les lieux. Ce qui est hors de question, explique Laurent Pinatel, responsable national de la Confédération paysanne. Nous avons tenu une réunion en début de matinée avec le directeur de l'ASP. A l'issue de cette rencontre nous lui avons annoncé que nous allions le retenir jusqu'à ce que le ministre ouvre une discussion."

Une cinquantaine de militants de la Confédération venus de plusieurs départements occupe le hall de l'ASP depuis hier. Ils demandent le versement d'urgence des aides Pac 2015 pour le soutien à l'agriculture bio et à l'agroenvironnement.

 

http://www.lepopulaire.fr/limoges/economie/agriculture/2017/08/29/la-confederation-paysanne-sequestre-le-directeur-de-l-asp_12529660.html

 

Agriculture

Opération "coup de poing" de la Confédération Paysanne à Limoges


 
 
 
Occupation des locaux de l'agence des services de paiement de l'agriculture de Limoges.
En colère contre les retards de paiements Pac depuis 2015, une soixantaine d’agriculteurs de la Confédération paysanne occupe le siège de l’ASP (Agence de service et de paiement) à Limoges depuis lundi après-midi. Et pour une durée indéterminée.

« Où est passé l’argent de la Pac ? ». Une grande banderole barre l’entrée du siège de l’ASP, rue du Maupas.

À l’intérieur, le hall de l’agence nationale chargée des versements Pac est envahi de drapeaux noirs et jaunes de la Confédération paysanne et d’agriculteurs bien décidés à tenir le siège. Ces  paysans en colère sont venus de nombreux départements, de la Vendée à l’Aveyron en passant par la Haute-Loire, l’Aude etc.

« Nous ne bougerons pas d’ici tant que l’État ne nous aura pas versé ce qu’il nous doit, lance Nicolas Girod, secrétaire national chargé de l’élevage. Nous attendons le ministre. Nous avons joué le jeu de la transition agroécologique qui répond aux attentes de la société. L’État doit tenir sa parole maintenant. »

 

Selon la Confédération paysanne, il manque encore 20 % des aides Pac de 2015 pour les agriculteurs en conversion bio. Beaucoup plus pour ceux qui n’ont pas demandé les avances.


Pour justifier ces retards dénoncés depuis plus d’un an par les organisations syndicales agricoles, le ministère de l’Agriculture a invoqué des problèmes informatiques. Avant de promettre un calendrier de versements. Toujours retardé.

« En attendant on s’endette et on paie des agios, explique ce paysan du Gers. Les aides c’est le revenu aujourd’hui. Ce n’est pas à nous de résoudre le problème. Stéphane le Foll a géré à la petite semaine. Nous ne sommes pas la variable d’ajustement budgétaire du ministère. »

Jean-Paul Sportiello

 

 

http://www.lepopulaire.fr/limoges/economie/agriculture/2017/08/28/operation-coup-de-poing-de-la-confederation-paysanne-a-limoges_12528817.html

 


29/08/2017
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